Patrimoine en danger : l’exemple de l’église de Bar-sur-Seine

Publié le par Patrimoine en danger

17 avril 2007 par Jacky Provence

 

Il y a quelque temps, j’avais promis cet article à un commentateur ainsi qu’aux membres de l’association « Les amis d’Étienne » qui cherchent à sensibiliser l’opinion sur l’état d’un élément de notre patrimoine départemental, l’église Saint-Étienne de Bar-sur-Seine. Réputée pour être l’une des plus grandes églises de l’Aube en-dehors de l’agglomération troyenne, l’église vient de fêter ses 500 ans. Elle abrite une importante statuaire, des peintures et une riche variété de vitraux. Certaines de ces oeuvres sont dégradées, d’autres menacées.

 

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Bref historique


En 1475, les Troyens, partisans de roi, prenaient Bar-sur-Seine, aux mains des Bourguignons. Ce fut pour eux l’occasion de pillages et de destructions, auxquelles l’église n’échappa pas. Les Barséquanais durent sans doute réparer les ruines de leur église pour les besoins du culte. En ce début du XVIe siècle, le retour à la prospérité leur permis d’envisager la reconstruction d’un nouvel édifice. La tradition attribue la pose de la première pierre de la nouvelle église, en 1505, à Jacques de Dinteville, gouverneur et comte usufruitier de Bar. Mais rien ne nous permet de dire si les travaux ont réellement commencé avant 1527. En effet, ce n’est que le 27 mai de cette année que le prieur de la Sainte-Trinité, à qui appartiennent les terrains sur lesquels l’église devait se reconstruire, consent à donner seize pieds dans ses jardins et bâtiments, placés au sud de l’église, pour élargir l’église paroissiale. Aussi faut-il sans doute imaginer que le gros des travaux commencèrent à cette date et se poursuivirent essentiellement au cours du reste du XVIe siècle, ralentis, mais non interrompus, par les guerres de religion. La reconstruction de l’église, dut commencer par le bas-côté nord, puis se réaliser en enveloppant un lieu de culte préservé de l’ancien édifice, supprimé dans les années 1540 ou 1550, lorsque le chœur fut terminé. L’église serait ensuite achevée par les parties hautes de la nef, en cette fin de XVIe siècle, peut-être avant 1582. C’est ce que peut nous suggérer la présence des initiales entrelacées « LDB » de Louis de Bourbon, comte usufruitier de Bar entre 1561 et 1582, aux balustrades du triforium de la nef. Le portail, réalisé en 1616, est contemporain de quelques années du clocher. En ce début du XVIIe siècle une grande flèche domine la ville.

 

L’état de l’église

 

Les désordres de l’église de Bar-sur-Seine ne sont pas nouveaux. Lors de la Révolution française, on s’inquiète beaucoup de la flèche qui menace de s’effondrer. Un arrêté du 16 messidor an XII autorise sa démolition et sa substitution par un petit dôme, réalisé le plus économiquement possible. Finalement, la fabrique n’ayant pas les moyens de construire ce dôme, rien ne viendra remplacer la flèche.

Il y a maintenant plusieurs décennies, les voûtes hautes de l’église du chœur et du transept menaçaient de s’effondrer. Une armature faite de poutrelles d’acier et de tirants métalliques a été posée pour éviter que ces voûtes ne s’écartent davantage, tandis qu’un filet est tendu au-dessous afin de prévenir tout drame en cas de chute de pierres.


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Plus récemment, l’état de l’église s’est aggravé et les infiltrations devenaient de plus en plus importantes. Les raisons avancées sont multiples :


- La hausse du trafic routier sur la toute proche route nationale, édifiée sur l’ancien canal de la Haute Seine, provoquant de néfastes vibrations.
- L’édification sur un sol poreux.
- Le mauvais écoulement des eaux de pluie du fait de la complexité de la toiture.
- Les canaux d’écoulement des eaux et les gargouilles bouchés par les fientes de pigeons.
- Le travail de l’érosion : gel et dégel, pluie.


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Le violent orage du 26 juin 2006 fut le phénomène aggravant. L’eau s’était infiltrée sous toute une partie du dallage, provoquant un bouleversement de celui-ci, tandis que les autres parties de l’église continuaient à souffrir.

Aujourd’hui, le dallage vient d’être refait à neuf. Un étaiement des voûtes du déambulatoire est prévu, celles-ci présentant des fissures importantes. Cet étaiement restera-t-il en place pour combien de temps ? Les seuls crédits d’urgence pour la sécurisation de ces voûtes devraient s’élever à près 100.000 euros, répartis entre l’État, la Région, le Département et la Commune. Combien coûteraient des travaux pour la remise en état de l’église ?

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